Acquisitions, défis, interrogations

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Empêché de participer aux travaux en raison de problèmes de santé, sa conférence a été présentée car son confrère, le p. Miguel Marquez, espagnol, provincial de la province carmélitaine de Castille.

On avait demandé au p. Maccise, dont les compétences sont bien connues, de parler des acquisitions et des problèmes relatifs aux fondements et au développement historique de la vie consacrée. Pour lui, la mission fait partie intégrante de la vie consacrée. Cependant, les acquisitions actuelles sont le fruit d’une longue évolution depuis les premiers siècles de l’Église, jusqu’à Vatican II, au Synode de 1994 sur la vie consacrée, et au congrès International organisé par l’USG et l’UISG en novembre 2004, « Passion pour le Christ, Passion pour l’humanité”.

Au cours de ce long cheminement historique, quelles ont été les principales acquisitions? Le p. Maccise les relève surtout dans le dépassement de la dichotomie “action-contemplation” ; dans l’évangélisation et dans le témoignage de Dieu dans l’histoire ; dans l’unique mission de l’Eglise ;dans la dimension apostolique de la vie fraternelle et des vœux religieux ; dans l’option préférentielle pour les pauvres comme option évangélique à l’intérieur même de la mission apostolique.

Les défis, en revanche, non moins nombreux assurément, reviennent substantiellement à l’engagement pour la justice et la solidarité, à l’engagement authentique et évangélique dans la “praxis politique”, à la présence aux avant-postes et dans les nouveaux aréopages de la mission (désert, marges, frontières), à l’inculturation d’une vie consacrée apostolique capable de concilier unité et diversité, au partage du charisme avec les laïcs, à l’aspect théologique de l’engagement inter-congrégations à partir d’une identité claire du charisme de chaque institut religieux en particulier.

«Le charisme de la vie consacrée apostolique, comme les autres charismes, a été suscité par l’Esprit Saint pour le service de l’Église et du monde ». La « réappropriation » du charisme de fondation exige non seulement la mémoire du passé mais aussi une « vision d’avenir », à partir du contexte actuel auquel, avec l’Église, la vie consacrée se trouve nécessairement confrontée.

Malgré la profonde prise de conscience de ces acquisitions et de ces défis, il reste encore des questions fondamentales: l’actuelle théologie des conseils évangéliques est-elle encore adaptée? Quelles nouvelles interprétations peut-on donner de ces conseils évangéliques, face à la complexité des problèmes écologiques, financiers, politiques de notre société, sans parler du grave phénomène des abus sexuels ? Comment faire aujourd’hui, surtout les jeunes, une expérience personnelle de Dieu? Un charisme religieux peut-il être vécu aujourd’hui sans consécration religieuse pour toute la vie?

Quelques réponses, très appréciées et pertinentes, à ces nombreuses interrogations nous sont venues des trois communications qui ont conclu les travaux de la matinée: celle de la théologienne française Sylvie Robert (La place des trois vœux dans la compréhension théologique de la vie religieuse), celle du marianiste José M. Arnaiz qui fut secrétaire général de l’USG (La vie consacrée apostolique dans l’ecclésiologie de communion), et enfin, celle du capucin Paolo Martinelli, doyen de l’Institut de Spiritualité de l’Antonianum, (Une réflexion théologique sur la personne consacrée de vie apostolique). La conférence du p. Maccise comme ces trois communications ont ensuite engagé tous les participants dans un sérieux débat que ce soit en travaux de groupes ou en assemblée générale.

Avant ces communications, le secrétaire de l’USG, le p. David Glenday, a senti la nécessité de rappeler que ce séminaire théologique n’a aucune prétention d’épuiser les thèmes traités. Il n’est qu’un point de départ pour un travail souhaitable y compris dans l’avenir. Les deux Unions qui ont lancé le séminaire (USG et UISG) n’ont prévu de faire aucune déclaration finale, mais simplement d’indiquer quelques pistes de recherche théologique qui devraient être assumées de manière responsable en tout premier lieu par les participants. Pour sa part, l’USG reprendra et approfondira les thématiques de ce séminaire dans ses deux assemblées de 2011, en présence de tous les supérieurs généraux et, en ce qui concerne la première journée de l’assemblée qui se tiendra en mai, en présence également des supérieures générales.


p. Angelo Arrighini

Publié. 11/02/2011

 

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